Au programme du 16 mai 2015 à 20h30

Alain NITCHAEFF

16 mai 2015 - 20h30 | ouverture des portes à 19h00

" Trafic d'âmes " : Alain Nitchaeff chante l’Enfer en paradigme. Il nous raconte la danse du monde. Et c’est Belzébuth qui mène le bal…

« Un jour le diable est descendu sur terre… Il a tout vu le diable, il a tout entendu… » Avec Brel, ça tenait en une chanson ; avec Nitchaeff, c’est un spectacle en entier tant il est vrai que le monde a empiré, la note s’est dégradée. Chez l’un comme chez l’autre, le démon est pareillement repu, satisfait, tranquille pour son petit commerce. Ça va !
Nulle rouge tenue ni queue fourchue : Lucifer porte beau. Nul besoin d’en faire des tonnes : nous le faisons pour lui. En une virée touristique, l’ange déchu explore notre monde contemporain et, chanson après chanson, en fait presque bilan. Nous sommes à L’Esprit frappeur, cet antre suisse de la chanson. Au même moment, partout en Europe, c’est« Allez vote pour moi / Y’a pas pire! » On décompte et dépouille des voix à l’odeur rance, aux tâches brunies : le diable a bien fait son office, a bien foutu le bordel : « J’ai atteint mon but / J’appelle ça la Méthode Belzébuth. »

« On joue à des « je » dans sa petite bulle / Impudiques et nuls / On se prend pour Dieu. » Il est là, devant nous, le diable. Pcc Alain Nitchaeff, dans un plaidoyer pro domo. Arguments béton où tout est en fer, en faire, enfer. Enfer du « je » en ce monde si individualiste, enfer de la consommation, enfer des dépendances, enfer de l’économie, enfer de la politique… Et cet autre encore qui dit que l’enfer c’est les autres. Sans en faire trop, le démon expose avec une sobre mais malicieuse satisfaction, méthode et résultats : les actionnaires seront contents. « Ici y’a plus d’place / C’est presque plein / Chez le malin »
Le public à l’esprit frappé, aussi. C’est un Nitchaeff en grande forme que voilà, requinqué par les flammes de l’enfer. Il y a parfois du Brel en ce spectacle, du Lavilliers aussi (c’est évident quand, à la manière de Nanar, Nitchaeff nous entretient de l’enfer économique), un soupçon un souvenir dans nos têtes du Grand Orchestre du Splendid et de sa Salsa du démon. Et, parfois, des intonations à la Leprest qui se nichent agréablement au mitan des vers…
Des vers de Nitchaeff pour des notes de Romain Didier : ça fait un répertoire de belle tenue et quelques perles que forcément on retiendra, des chansons toutes pavées de bonnes intentions. Comme l’enfer. Belle interprétation d’une voix forte qui jamais ne s’abymes… Et quatre musiciens (Antoine Quinet aux synthés, Serge Kottelat aux guitares, David Caraccio à la basse et Gabriele Schira à la batterie), pour sûr diablotins, au rock feutré, à notes mouchetées, qui font bel office et parfois parent les mots d’audacieuses portées.
Trois soirs à Lutry, et puis ? Cette fois-ci, Nitchaeff veut prolonger, faire vivre cette création. L’an prochain en ce même lieu, oui, c’est certain. Mais plus encore, par une tournée à désormais imaginer, en Suisse, dans l’Hexagone, en Belgique… : autant semer plus encore le message du malin. En de si beaux atours, il pourrait séduire des foules démoniaques.

Michel Kemper

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Artiste programmé

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