Au programme du 30 novembre 2014 à 17h00

Emmanuel DEPOIX

30 novembre 2014 - 17h00

DEPOIX, DIS-MOI DIMEY...

Pour essayer de comprendre la dimension de Bernard Dimey, oubliez Syracuse, et allez voir du côté de Manque à vivre, Je ne dirai pas tout, Testament ou La mer à boire , et là , on découvre des textes charnus et charnels, que seul un homme, un peu cabossé par la vie, et comédien, peut rendre dans toute leur profondeur épique. Ce qu’a fait Emmanuel Depoix.

C’est pas pour être désobligeant avec les jeunes Emmanuel Depoix Dimey Portrait AAA NBpousses qui entrent dans la carrière en anglais par peur de se foutre à poil en chantant en français, mais s’ils écoutaient quelques textes comme Les enfants d’Attila, ou un extrait de Testament ça leur donnerait au moins une bonne raison de vivre : une fois passés les prurits post ado, la cinquantaine lucide peut donner de belles pages à chanter, ou à dire. En attendant, il faudra se frotter aux illusions perdues, en faire le deuil, ou en tirer la substantifique moêlle, les écrire, et les offrir à qui est disponible un soir de spleen au bar des naufragés de la vie …. Et Bernard Dimey a rêvé ses voyages de la rue Lepic aux rives du Nil, c’est un pharaon et ses pyramides sont ses chansons, elles ont fait voyager des milliers de gens qui auraient aimé voir Syracuse, l’île de Pâques et Kairouan, des milliers de gens qui se sont dit un jour ou l’autre qu’ils sont passés à côté de leur vie et de leurs rêves, mais il reste un air de musique, une histoire racontée par un comédien, un baladin, un funambule des mots, qui parfois tombe dans le ruisseau (est-ce la faute à Rousseau?) ou qui est envoyé dans le étoiles, (selon Don Quichotte et Cyrano) Ce soir, Emmanuel Depoix nous a envoyé dans les ciels de Dimey, les ciels tourmentés de la blessure de l’ogre qui avait rêvé d’un monde où les vers seraient un passeport pour la fraternité… A défaut, quelques verres feront l’ illusion… Bernard Dimey, né Bernard Georges Lucide Dimey .

C’était une soirée spéciale «vendanges de Montmartre», au cours de laquelle Emmanuel Depoix a préparé un ensemble inédit, textes parlés-chantés, car des mots naît une musique, trois petites notes qui soulignent et éclairent, quelques accords de piano, c’est la scène du spectacle vivant, tout peut arriver, c’est la vie, c’est formidable.. Malgré tout…

La soirée avait commencé par une conférence sur le vin, suivie d’une dégustation, que j’ai évitée pour garder toute ma lucidité pour le spectacle, bon, je me suis rattrapé après, mais «in vino veritas» en vérité je vous le dis, ce Dimey-Depoix (et vice versa) est un moment de spectacle qui marque indélébile les plus pointilleux des amateurs de Dimey. Avec une gueule de tragédie, j’leur ferai monter les larmes aux yeux… C’était à l’heure des ivrognes qui se sont saoulés des mots de Dimey, et peut-être que vers la rue du Mont Cenis, il y a une caravelle prête à appareiller aux Amériques, où finalement, il manque pas mal de trucs qu’on a à Paris… Et puis la rue Lepic, c’est à côté… Et c’est aussi une belle chanson, très Dimey, « prêtée » par JM Piton pour cette soirée exceptionnelle. Michel Simon aussi s’est invité au bar, il aurait pu ronchonner, si les imbéciles font naître en vous des idées de meurtre, alors devenez fous le temps qu’il faut…

Au final, ce manque à vivre a donné des pages grandioses, l’enfant maquillé prophète flamboyant ne peut être sublimé que par des comédiens. Et Depoix est un de ceux-là.

Tarifs : 15€ (12€ tarif adhérent-e)

 
 

Artiste programmé

DEPOIX Emmanuel DEPOIX
Musicien : C'est sa formation. Il entre au conservatoire ...