Les artistes / KATEL

 KATEL

KATEL


« Je cherche avant tout à ce que la musique, au moment où on l’écoute, change notre perception du temps. Je n’aime rien tant que donner la sensation qu’il s’est passé beaucoup de choses alors que le temps écoulé est très court. On dit des rêves qu’ils sont faits ainsi, que les longues et intenses histoires que nous y vivons ne durent dans la réalité que quelques fractions de seconde. »
Des rêves et des cauchemars, Katel semble en avoir traversé beaucoup depuis son dernier album, « Decorum » (2010). Fruit d’un long processus de maturation et de création largement solitaire, « Élégie » se traverse comme un songe. Chaque morceau, soigneusement composé, méticuleusement arrangé, invite l’auditeur à une sorte de transe introspective, transportant tous ses sens dans une dimension lointaine et proche, pour en sortir finalement plus présent, plus vivant, plus conscient du temps qui passe.
Si le chant de Katel évoque l’image d’une somnambule qui se promène au bord d’un précipice, on ne peut pas dire qu’elle ait passé ces six dernières années à sommeiller. À la fois en tant que réalisatrice (les albums « Tropiques » de Maissiat et « La Cavale » de Robi) et que musicienne (avec les groupes Joy et Fiodor Dream Dog), elle a exploré d’autres univers et enrichi le sien.
Les claviers et les ch½urs ont ainsi remplacé les guitares fougueuses de ses débuts, avec un travail minutieux sur le son, puisque Katel a cette fois enregistré et mixé son album, de l’intimité de son studio à l’espace d’une église cachée, où elle a entrainé aussi le Ch½ur qui l’accompagne sur scène (Nathalie Réaux, Diane Sorel, Skye, Claire Joseph).
Sa musique évoluant à chaque album, on peut dire que Katel s’inscrit dans une idée originelle de l’artiste pop, qui cherche à trouver des formes en s’inspirant de toutes les musiques, des plus anciennes au plus pointues, pour les transformer en chansons limpides.
L’écriture de « Élégie », plus directe que jamais auparavant, s’est faite à l’ombre d’une séparation amoureuse et surtout de la perte violente d’une mère qui a choisi de partir. Il s’agit donc bien d’un chant de deuil, allant parfois jusqu’au cri de douleur (sur la bouleversante « Cyclones » notamment), mais traversé de brillants rayons lumineux (« Hors-Foule »), avec toujours la détermination de transformer la douleur en force, la laideur en beauté.

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